Vous consultez : Le Typhlophile /
Accès au contenu |
Accès au au menu |
Touches d'accès rapide du site
Info-Jeux
Vendredi 30 juillet 2010 à 12:09:38 HaE | ||
Menu du site :Chercher sur le siteInterroger Google
|
Le Typhlophile / LES JEUX ADAPTÉS : texte présenté lors du Symposium sur la déficience visuelle en octobre 1994. Jouer est en effet une activité instinctive. Certains jeux tels les jeux de société accompagnent souvent l'enfant pendant plusieurs années. Et même à l'âge adulte, il aime y revenir. Le jeu n'est-il pas une activité d'éveil de la curiosité et d'invitation à l'exploration : création, intervention, imitation, imagination? Il ne faut surtout pas oublier que l'intérêt premier du jeu est de répondre à un besoin. Lorsqu'on travaille à la formation des jeunes en déficience visuelle, on se soucie d'abord de répondre à ses besoins et pour ce faire, il faut croire en ses capacités réelles et trouver des moyens efficaces pour les développer. Ainsi, la socialisation passant par les jeux met en lumière différentes possibilités qu'il est important de reconnaître quand on veut apporter des compléments éducatifs qui auront des répercussions dans le présent et l'avenir des jeunes. Souvent, le jeu est un excellent moyen de créer des contacts entre les personnes. Chez les jeunes, même chez les plus petits, les relations s'établissent spontanément par le jeu. Lorsqu'il s'agit d'un enfant déficient visuel, il faut faciliter cette relation en lui faisant vivre des situations qu'il pourra recréer dans sa famille et avec d'autres copains. Pour atteindre ce but, il doit connaître des jeux, les faire connaître à ses parents, proposer des moyens d'adaptation et ce, pour abolir toutes barrières qui semblent se dresser parfois dans la vie ludique de l'enfant. Toutes ces considérations ont suscité chez quelques membres du personnel de l'École Jacques-Ouellette un vif intérêt qui les a amenés à mettre sur pied une ludothèque de jeux adaptés "L'Amijoue". L'Amijoue est ce projet qui nous a permis d'élaborer une collection de jeux disponibles sur le marché, soient déjà adaptés ou adaptés par les membres du comité et leurs collaborateurs. Ce projet a déjà cinq ans d'existence et il s'avère bénéfique. Afin que L'Amijoue aille toujours de l'avant, les membres du comité se sont fixé des objectifs précis.
Comme nos moyens sont limités : ressources financières ponctuelles, ressources humaines peu disponibles, vous comprenez donc que L'Amijoue se développe surtout grâce au bénévolat. Signalons que l'adaptation de jeux requiert des habiletés particulières : une bonne dextérité manuelle, un souci marqué de précision, une certaine connaissance du braille, une intuition créatrice pour transposer le visuel en tactile. En adaptant, il faut avoir présent à l'esprit le but du jeu, l'aisance dans la manipulation (garder le feeling du jeu), et respecter la clientèle cible. Devant cet état de faits, vous comprendrez facilement que nous ne sommes pas en mesure de répondre à des besoins élargis. Notre collection de jeux est d'abord et avant tout disponible pour les besoins de l'École Jacques-Ouellette. Le personnel peut en emprunter pour des activités particulières et occasionnelles ou pour fin de démonstrations. Les prêts aux intervenants se font par l'entremise des responsables de la bibliothèque, les jeux étant rangés dans ce local. Toutefois, cette collection demeure sous la responsabilité des membres du comité. Nous serons toujours heureux de vous accueillir à l'école et de vous montrer nos réalisations. Plusieurs s'interrogeront sur la place qu'occupent les jeux électroniques dans notre projet de L'Amijoue. Nous sommes conscients que certains de ces jeux supposent un développement intellectuel et incitent au dépassement; mais comme ce sont plutôt des jeux solitaires et que nous mettons l'accent sur la socialisation, ils retiennent plus ou moins notre attention. D'autre part, nous évitons les jeux sonores qui proposent à l'enfant déficient visuel des imitations plus ou moins acceptables en société. En bas âge, plusieurs jeux de cette catégorie leur ont été offerts et nous considérons que présentement ils doivent dépasser ce stade pour une évolution plus complète. Tout comme l'enfant "normal", le jeune handicapé visuel doit suivre la courbe de son développement et passer de cette catégorie de jeux à une autre catégorie plus socialisante. De par leur handicap, quelques enfants préfèrent la solitude plutôt que la recherche de copains avec qui ils peuvent vivre des expériences nouvelles. Dans tout bon livre de psychologie, on vous dira que l'enfant est naturellement actif et qu'il a besoin de canaliser son surcroît d'énergie et d'exprimer dans ses activités ce qu'il vit dans son fort intérieur. On vous dira que le jeu est l'occasion d'expression spontanée et qu'il faut permettre à l'enfant de s'exprimer librement et d'apprendre ce qu'est la défaite et le succès. Le vécu et les sentiments du jeune handicapé visuel sont exactement les mêmes que pour l'enfant "voyant". Alors, allons-nous le brimer dans ses manifestations de lui-même? Hélas! trop souvent on est porté à offrir aux jeunes déficients visuels des activités individuelles telles que musique, lecture, cassette, télévision, jeux solitaires... qui les mènent dans un monde où ils ont peu de relations avec d'autres copains ou des adultes de leur entourage. Cette attitude cause souvent des anomalies sérieuses dans l'épanouissement social tel que le développement de comportements qui le marginalisent. Plus le jeune enfant déficient visuel aura une vie qui ressemble au commun des jeunes de son âge, plus il travaillera directement à son devenir. Il apprendra à vivre en se comportant comme la majorité des jeunes de son âge. Petit à petit, il réalisera la nécessité de conformer ses agirs et ses gestes à ceux de ses copains "voyants"; ici, n'oublions pas que l'imitation visuelle est plus ou moins absente selon l'importance du handicap visuel. Les jeunes savent parfois se dire des vérités qui blessent sur le vif mais qui, tôt ou tard deviennent bénéfiques, et suscitent chez eux des interrogations auxquelles ils cherchent réponse. Vous savez comme nous que les enfants entre eux sont sans détour et parfois brutaux. Par le jeu, l'enfant apprend à mieux se connaître lui-même. Par son entremise, on peut lui faire observer ses réactions face à autrui. Il expérimente la compétition ce qui dans la vie d'un jeune déficient visuel est source de succès ou de frustration. En outre, il importe de lui apprendre à se défendre tout en respectant l'autre. Il va de soi que le fait de jouer implique l'ouverture vers les autres et la compétitivité. Le jeune handicapé visuel, au même titre qu'un autre enfant, doit apprendre à gagner et à perdre; on ne devrait pas user de subterfuges pour le faire gagner plus souvent qu'à son tour. Nous savons tous que dans la vie des personnes handicapées visuelles, le stress est omniprésent. Pour maintenir un équilibre sain, ce stress doit être canalisé. Le jeu offre donc des occasions idéales d'oublier momentanément certaines réalités de la vie en se plaçant en situation de repos et de détente. Même si le jeu a certaines contraintes, il laisse place à l'humour, à l'imprévisible, à la stratégie. Tout cela occupe le corps et l'esprit dans une évasion bénéfique (meilleur remède contre le stress). En tant que personnes déficientes visuelles, nous pouvons vous assurer que ce contrôle est nécessaire pour parvenir à vivre et à s'épanouir en société.
Info-jeux Info-congrès
|
Fac ut videam (Faites que je vois) Éphéméride du jourEn ce 30 juillet de l'an de grâce 1857. Naissance de Maurice de la Sizeranne à Tain, petite ville de la Drône sur les bords du Rhône, en France. Saviez-vous que :À l'époque de Louis Braille, on admettait rarement les petits aveugles en classe. Pourtant, Louis devint rapidement le premier de sa classe. TyphloPensée
ÉtymologieTyphlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles. Un clin d'œil vers :
|
|
Politique d'accessibilité du site | ||