Les Actes du Forum de l'U.M.A. - Juin 1997

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Conclusion

Comme on a pu le constater à la lecture des textes précédents, la première rencontre des pays francophones membres de l'UMA aura permis aux aveugles des 21 pays participants de commencer à se connaître et à se reconnaître.

Ils se seront aperçus, sans doute à leur étonnement, que les difficultés et les défis se ressemblent énormément d'un pays à l'autre, malgré l'apparence de différences sociales, culturelles et économiques considérables. Au Sud, on parle de manque de financement généralisé; au Nord, de sous-financement des associations et de restrictions budgétaires au plan des services. Au Sud, on déplore le manque de matériels éducatifs (papier braille, poinçon et tablette); au Nord, en pays internautes, des aveugles qui le souhaiteraient n'apprennent pas le braille parce qu'ils habitent trop loin des grands centres. Au Sud, on réclame plus de soutien pour les initiatives de coopératives d'emploi et de travail autonome; au Nord, ces possibilités d'emploi sont à peine évoquées. Fait significatif, le nombre de métiers et de professions accessibles, nommément mentionnées dans les textes des ateliers, est plus élevé pour le Sud que pour le Nord... ce qui ne veut pas nécessairement dire que nous manquions, au Nord, de possibilités, mais, peut-être d'un tout petit peu d'imagination.

Quoi qu'il en soit, sans doute aurions-nous, de part et d'autre, des leçons à tirer, des mythes à détruire et des espoirs à saisir. Et puis, que ce soit en Afrique ou au Québec, en Haïti ou en France, ce qui ressort de cette rencontre, outre les besoins urgents et de tous ordres qu'éprouvent les pays en développement, c'est la nécessité de s'unir afin d'éviter les pièges insidieux et omniprésents du cercle vicieux, du recommencement perpétuel et de l'effort perdu. Cela est particulièrement vrai en ce qui a trait à la sensibilisation des sociétés dans le domaine de l'emploi, mais aussi, la conscientisation des décideurs au fait que la prise en charge des politiques et des actions qui concernent au premier chef les personnes aveugles et malvoyantes doit d'abord leur appartenir.

Contrairement au pauvre Sisyphe, qui devait se débrouiller tout seul avec son énorme rocher, nous pouvons, ensemble, hisser le lourd fardeau de nos préoccupations communes jusqu'au sommet de la réussite et faire en sorte qu'elles ne retombent pas dans l'oubli universel.

On assistera sans doute dans un avenir prochain à d'autres rencontres des aveugles des pays francophones. Mais, entre-temps, il sera indispensable qu'un échange d'information et de ressources soit maintenu et stimulé. C'est dans cet esprit que notre coordonnateur, M. Pierre-Paul Bélanger, annonçait en conclusion de cette première rencontre la mise en place d'un Forum permanent des pays francophones de l'UMA. Ce projet tant souhaité semble d'ores et déjà voué à un avenir prometteur, pour le plus grand bien de tous les aveugles et malvoyants de la francophonie.

Michelle Brulé
Rédactrice


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